permis d'exploitation de La Mortagne

Deux permis d’exploitation ont été délivrés. Le premier, le 26 décembre 1946 sur la commune de Singles sur 212 ha à la société des Houillères de la Mortagne pour 3 ans ; le second, le 5 août 1949, à la sarl Syndicat minier de Singles.

 Permis d’exploitation des Houillères de la Mortagne

 S’agissant du premier permis, la demande avait été déposée par François Bréguet, PDG de la société Anonyme des Houillères de la Mortagne, le 28 décembre 1945. La demande portait sur une superficie de 282 ha.  L’enquête publique eut lieu du 4 mai au 4 juin 1946 et le permis d'exploitation est obtenu par arrêté du 26 décembre 1946. La zone comprise dans le périmètre du permis recouvre entièrement l’ancienne concession de Singles. La SA des Houillères de la Mortagne est une société au capital de 1.450.000 francs filiale de la Compagnie des phosphates du Dyr (qui en possède 1398 actions sur 1450). Elle fait suite là la société civile des Houillères de La Mortagne qui avait entrepris les recherches à partir de 1941.

 Les Houillères de la Mortagne exploitent une partie du gisement de Singles prolongement de celui de Messeix, où sont connus deux formations superposées : le faisceau supérieur et le faisceau inférieur. L’allure général du gisement est celle d’un synclinal orienté Nord-Sud et encaissé entre les terrains primitifs. Les affleurements ne sont connus qu’à l’Est, tandis qu’une faille importante met en contact à l’Ouest le granite et le houiller stérile. Le pendage est très fort à l’Est et diminue à l’Ouest. Le faisceau inférieur, connu à Messeix, a été exploité à Singles par les anciens au puits de la Plagne où 9 couches ont été reconnues dont 4 ou 5 exploitables. Les Houillères de la Mortagne ont porté leurs efforts à partir des affleurements aux Mouilloux.

 En 1944 (dans le cadre d'un permis de recherches du 4 janvier 1943) les travaux ont concerné deux chantiers :

            - La Mortagne : un 2ème TB parallèle au TB principal et attaqué à 70 m de celui ci à l'extrémité d'un traçage a atteint 70 m ; il recoupe de l'ouest à l'est les couches Ste Anne, Menotte et Basset. Des traçages vers le sud sont établis sur 20 m dans chaque couche. Un montage est attaqué à l'extrémité Ouest du TB.

            - Mouilhoux : le traçage commencé en 1943 en couche Ste Anne est poursuivi. Vers le nord il perce à flanc du coteau. Coté sud il atteint 60 m.

 A partir du 1er juin 1944 la mine est en sommeil, l'unique camion dont disposait la société ayant été réquisitionné par les Résistants. Il n'a été conservé que le personnel indispensable à l'entretien.

 Les Houillères de la Mortagne ont effectués en 1945 deux types de travaux :

                        1°) travaux de La Mortagne (toujours dans le cadre du permis de recherches) qui comprennent un grand TB qui a recoupé les couches Soupirail et Ste Anne à l’aval d’anciens travaux du Cros-Ribeyre. Un petit TB détaché d’un traçage en couche Ste Anne a permis de recouper les couches Menotte et Basset. Les couches sont assez médiocres.

                        2°) les travaux du Mouilhoux où 2 traçages ont été creusés à 2 niveaux différents dans une couche formée de 2 bancs de 1 m et 0,50 m séparés par un intercalaire de 0,60 m. Une autre couche a été découverte au toit par un TB parti d’un traçage à 30 m de la 1ère mais qui s’est révélée inexploitable.  Depuis l’ouverture des travaux il a été extraits 1.982 tonnes.

 En 1945, l'extraction donne 391 tonnes de charbon. En 1946 les travaux sur le site de La Mortagne ont seulement consisté en travaux d'entretien du TB. Sur le site de Mouilhoux, par contre, plusieurs chantiers ont été ouverts :

- reconnaissance du niveau 669 : le traçage en direction sud a été poursuivi ; il a percé dans des terrains gréso-schisteux, sur une longueur de 50m  puis dans une couche de 2,50 m d'ouverture comportant 2 bancs de charbon, l'un de 1,30 m au mur et l'autre au toit de 0,60 m. Le charbon est de bonne qualité. La couche a été suivie sur 30 m puis le traçage a atteint une serrée et a été arrêté.

- recherches Est au niveau 669 : entreprises en vue de recouper 2 couches repérées en surface ; elles ont constitué en 1 TB attaqué à la cote 669 à 25 m de la descenderie. Ce TB a recoupé à 20 m une couche de 0,75 m puis à 37 m une seconde couche de 1,20 m de puissance et un traçage a été amorcé en couche. La production de 1946 a été de 977 tonnes avec une moyenne de 27 ouvriers et 1.176 tonnes en 1948 avec 35 personnes.

 Deux lentilles appartenant à la couche la plus au toit, reconnues par les niveaux 700 et 690 et divers montages ont été dépilés en 1946 et 1947. Une 3ème lentille, plus au Sud, a été reconnue par le niveau 690 et son exploitation a commencé après le creusement en couche d’une liaison d’aérage avec la surface. Le roulage est très mal organisé : le charbon extrait au voisinage immédiat de la surface (à peine 10 m) était sorti après 300 m de roulage dans de mauvaises conditions et avant de rejoindre la voie de base ; il glissait sur le sol même de plusieurs montages entre lesquels on le transportait en brouette. Les rendements étaient de ce fait déplorables. .

 En matière de reconnaissance, en 1946, un TB a été attaqué à l’extrémité Nord de la concession à la cote 600 dans la vallée Nord de la Dordogne en vue de reconnaître et de recouper le gisement en aval des travaux existants situés à la cote 680. Cet ouvrage, qui a une longueur de 30 m au 31 décembre 1947, a traversé les terrains gréso-schisteux du toit de la couche principale exploitée en amont. Les travaux ont confirmé la formation lenticulaire du gisement ; la zone exploitée est située dans une partie resserrée et tourmentée ; vers le Sud le gisement prend une allure plus régulière.

 Toutefois, l'exploitation cesse en juillet 1948 par suite de difficultés financières et malgré une subvention de 2 millions de francs de Charbonnages de France.

 Sur l’ancien permis d’exploitation des Houillères de La Mortagne, M. Raoulas entreprend en septembre 1952 des travaux de recherches sur les affleurements. Une descenderie de 30 m a été creusée et quelques niveaux amorcés. Ces travaux sont abandonnés dès février 1952 (50 tonnes extraites).

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