Concession de Messeix : l'exploitation après 1946

Après la nationalisation, les anciens quartiers avec plans inclinés sont supprimés et remplacés par un seul système d’extraction : le puits St Louis (diamètre 5 m, recette principale à 320 m de profondeur) et le niveau 740  qui débouche par une galerie au jour au niveau des installations de traitement de Port-Sec.

 

En 1946, 81.705 tonnes sont évacués par le puits St Louis  et 79.504 tonnes par le niveau 740 ; l'exploitation porte sur la partie Nord du gisement .

 

En 1951, chaque quartier est équipé de 2 plans à chariot-porteur en cascade l’un remontant les produits en tête d’étage l’autre les descendant à la base. Il y a 4 sous étages sur l’étage (2 par plan). Les plans à chariots assurent toute la desserte (charbon remblai, matériel). Le roulage au niveau se fait à bras. Les tailles en gradins renversés réalisent en 3 jours le cycle d’avancement de 1,25 m. Il est projeté d’équiper un nouveau quartier avec un plan unique collectant par ralentisseur à disques tout le charbon abattu jusqu’à la base de l’étage ; les remblais amenés en tête d’étage seront culbutés dans des cheminées. Le nombre de sous étages sera alors ramené de 4 à 3. Dans les niveaux intermédiaires le roulage sera assuré par locomotive diesel tirant 8 à 10 berlines indécrochables à fond ouvrant. Les 2 hommes affectés au convoi assureront d’une part le chargement, le transfert et le déchargement automatique des remblais en tête des tailles d’aval, d’autre part le chargement aux tailles d’amont le transport et le déchargement des charbons sur le ralentisseur collecteur. L’application doit est fait au plan 122 Ste Barbe.

 

 

 

Le cycle de travail, en 1951, est le suivant (3 jours) :

            1er poste : abatage (60 bennes de 500 l) un jour sur trois attaque du gradin au marteau ;

            2ème poste : remblayage à main (25 à 30 bennes) ;

            3ème poste :approvisionnement et déplacement du matériel et travaux divers.

 

Avec berlines à fond ouvrant le cycle devient (2 jours) :

            1er poste : abattage (90 bennes) par tir ou marteau ;

            2ème poste : remblayage (40-45 bennes) et divers ;

            3ème poste : approvisionnement et déplacement du matériel, attaque du gradin par tir spécial si mauvais toit.

 

En 1953, est mis en service un nouveau matériel de déblocage avec trains navettes composés de berlines ouvrantes Sandford de 1.200 litres et locotracteur diesel de 9cv.

 

En 1956, l’exploitation se fait par blocs de 400 m de long entre le niveau de base 624 et le niveau de retour 740. Chaque bloc contient environ 500.000 tonnes de charbon dont le dépilage demande environ 3 ans. En 1956, le bloc 13 est en exploitation et le bloc 14 en préparation. Le bloc 15 sera ensuite traité plus profondément entre 624 et 466.

 

En 1968, le puits St Louis est doté d’une machine de 648 kW. Le déblocage des galeries se fait essentiellement par couloirs fixes (80 %), ou par convoyeurs, presque plus par berlines. Le roulage utilise 13 locomotives électriques et 12 locomotives diesel. A partir des années 1970, l’abattage s’effectue par haveuse « Alpine » en traçages de 5 à 6 m inclinés à 28° à partir de tranchées horizontales et soutènement marchant.

La fermeture prévue pour le 1/1/1975 est repoussée en 1974 à 1983 ; en 1984 effectifs sont de 200 et les pertes 800f/t.

 

Au début des années 80, l’essentiel de la production provient du quartier sud. Les travaux sont gênés par de nombreuses venues d’eau. La mise en service de la desserte par le jour a été effectuée en 82 ; elle permet la réduction des postes aux services généraux et une meilleure utilisation des chargeurs transporteurs.

 

 

Production (t)

rendement

Résultat (f/kth)

1980

71.000

2.068

-46,80

1981

69.000

2.240

-54,83

1982

69.000

2.513

-70,27

1983

57.000

2.373

-100,93

 

La fermeture est fixée au 31/12/1985. La renonciation de la concession de Messeix est autorisée par arrêté du 11 juillet 1997.

Méthode d’exploitation

 

En 1949, les méthodes d'exploitation appliquées sont :

            - en couche Amélie, tranches horizontales avec tailles chassantes, la hauteur de la tranche étant de 2,50 m ;

            - en couches Intermédiaire et Ste Marie : banc du toit et banc du mur : tailles rabattantes de 30 m de front comportant généralement 6 gradins renversés d e6 m de long (2 longrines de 3m ) suivant la pente, décalés de 2 allées de 1,25 m chacune.

            - le banc du toit dans le quartier du plan B St Barbe en fond de cuvette est exploité par foudroyage. La taille a 15 à 18 m  de long. Le boisage de renfort est constitué de piles de bois équarris. Le toit de grès est très raide et on est obligé de provoquer sa chute à l'aide d'explosif. ;

            - en couche St Philippe : dans les plateures par rabattage simple de 3 m de haut pris en montant et dans les parties à fort pendage, par tailles chassantes à gradins renversés.

A partir de 1951, la réduction de puissance des couches a contraint à la réduction de la production en tranches horizontales au profit de la production en dressants. L’exploitation porte alors sur les couches Amélie, Intermédiaire, Ste Barbe et St Philippe.

 

Un couche Amélie (amas) : couches horizontales avec tailles chassantes (hauteur des tranches 2,50 m) ;

En couches intermédiaire et Ste Barbe banc du toit et du mur :tailles rabattantes de 30 ù de front comportant généralement 6 gradins renversés de 6 m de long (2 longrines de 3 m suivant la pente, décalées de 2 allées de 1,25 m chacune).  Le banc du toit dans le quartier B Ste Barbe en fond de cuvette est exploité par foudroyage. La taille à 15 m à 18 m de long.

En couche St Philippe dans les plateures par rabattage simple de 3 m de haut pris en montant et dans les dressants par tailles chassantes à gradins renversés.

 

En 1953, différentes méthodes d’exploitation sont utilisées.

 

-          dans le quartier du plan 112 Amélie (exploitation d’un amas) par tranches horizontales avec tailles chassantes, la hauteur de tranche étant de 2,50 m. ces tailles prennent la couche du toit au mur. Le boisage est réalisé par des lignes de chapeaux de 3 m soutenus par 3 buttes et espacées de 1,20 m. l'abattage se fait généralement au marteau piqueur avec remblayage complet à la main.

 

-          Dans les quartier des plan II et 22 St Philippe par tailles inclinées. Les tailles rabattantes ou plus rarement chassantes, ont généralement 30 m de longueur et comportent 5 gradins renversées de 6 m de longueur (deux longrines de 3 m selon la pente) décalés de 2 allées de 1,25m chacune.  La pente est de l’ordre de 60° ; la couche a deux mètres de puissance.

 

L’abatage se fait soit au marteau-piqueur soit à l’explosif. Les remblais versés en tête de taille se répartissent suivant la pente du talus naturel. Le remblayage ne peut se faire qu’en dehors des périodes d’abatage : après que le charbon qui glisse sur le remblai en place a été raclé.

 

-    dans le quartier du plan 122 à Ste Barbe, les couches, d’une inclinaison de 30 à 65°, sont exploitées, en général, par tailles rabattantes sur 40 à 60 m de relevée. La puissance des couches est de 2 m au banc du mur et de 1m au banc du toit, le charbon moyennement dur nécessite généralement l’emploi d’explosif, l’abattage est terminé au marteau-piqueur. Le boisage se fait par longrines et le remblayage est complet. On utilise aussi la méthode du foudroyage depuis quelques mois.

 

Criblage lavoir

 

Le criblage lavoir sont archaïques à la nationalisation. L’atelier de versage date de 1907 demande une main d’œuvre importante dans des conditions incommodes et dangereuses (enchevêtrement des circuits des berlines charbons et déchets). La lavoir Hoyois date de 1930, il donne des lavés et des schistes. Il est complété par des finisseurs Lamex. Les fines (plus de 45% de la production de Messeix) sont vendues brutes ou livrées brutes à l’agglomération. Des travaux de modernisation sont entrepris en 1950/51 ; En 1951, est mis en service un lavoir Tromp à liqueur dense de 50t/h permettant d’obtenir des produits de 10 à 120 mm très réguliers et une batterie de Lamex qui passera les 0-15 et les mixtes concassés à 15 à la sortie du lavoir Tromp., de même qu’est modernisée l’usine d’agglomération. 

 

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