Concession de lignite de Laveissière (Cantal)

1°) présentation

 

Ce gisement repose sur les calcaires oligocènes; les niveaux à lignites alternent avec des argiles à diatomées et des cinérites. Leur degré d'évolution est assez faible. Le gisement est constitué de 5 couches de 0,4 à 0,7m de puissance dont deux furent exploitées. Ces deux couches ont une pente de 15 à 20° NS.

 

La couche n°1 à 0,8 d’épaisseur. Elle n’avait pas encore été exploitée en 1930 parce qu’elle est en aval pendage du cours de l’Allagnon. La couche n°2 qui fut exploitée comprend un banc de lignite de 0,4 à 0,6m reposant sur un banc de schistes ligniteux de 1m. Le toit est constitué par des cinérites, le mur par du sable mi-dur.

 

2°) Historique

 

La concession de Laveissière (appelée aussi mine de Chambeuil), qui s'étend sur 1.007 ha sur les communes de Laveissière, Murat et Bredons, a été instituée par décret du 4 juillet 1885, au profit de la société des houillères de Murat, puis, en 1895,  reprise par la compagnie des houillères de l'Aveyron et du Cantal. Le dernier titulaire était M. Hugonin. La concession est renoncée par arrêté du 11 mars 1965.

 

3°) exploitation

 

 

En 1886, les travaux dont le directeur est M . Dufrasne (mais domicilié en Belgique), ne font encore que commencer. Quelques chantiers de dépilage ont été organisés dans la couche n°2 de la mine de Fraisse-Bas (50 cm) sur la rive droite de l’Alagnon en contrebas du chemin de fer de Murat au Lioran. Le prix de revient d’une tonne sur le carreau, non compris les frais généraux, est de 5,10 francs et le prix de vente de 13 francs. Le  lignite est vendu aux chaufourniers et aux briqueteries.

 

La production en 1887 se monte à 450 tonnes avec un déficit d’exploitation de 303 francs. Les travaux sont concentrés dans la couche supérieure de Chambeuil (couche n°2). Ils occupent 4 ouvriers et un maître-mineur (qui s’occupe également de la vente et de l’expédition des produits). Les conditions de travail sont difficiles ; le procès-verbal de la visite de l’Ingénier de mines pour 1887 la décrit : « le mineur, couché sur le côté, creuse dans les schistes du mur une entaille de 25 cm de hauteur qu’il pousse le plus loin possible puis il fait tomber la veine sur toute son épaisseur au moyens de coins en fer qu’il enfonce dans la première assise du toit. La matière combustible tombe par gros morceaux ».  Les mineurs sont payés au mètre carré de dépilage, 1,66 francs, ils font le roulage, les remblais, le boisage et arrivent à gagner 2,50 francs par jour, ce qui correspondant à peu près à une tonne. Il y a deux chantiers d’abatage, un chantier d’avancement et un chantier en remonte.

 

 En 1888, le maître-mineur est alors M. Neyret,  la production est de 596 tonnes. En 1889, le personnel est réduit à deux mineurs en plus du maître-mineur.  En 1890 la situation reste précaire : la production est d’environ 200 tonnes par an vendue 12 francs sur le carreau par un maître-mineur payé 4 f/j et 3 ouvriers (1 piqueur, 1 rouleur et 1 manœuvre) payés jour 2,75 francs/jour.- ce qui faible. Le charbon est destiné à la consommation locale. En 1891, la production est encore plus faible 126 tonnes avec le même personnel ; faute de clients la mine est restée fermée pendant les 5 premiers mois de l’année.  En 1892, la production est de 114 tonnes, la mine n’a fonctionné que 5 mois. En 1893 la mine n’a été ouverte que du 10 octobre au 18 novembre (60 tonnes). Les ouvriers sont ensuite occupés à des travaux de recherche d’Auteroche. Elle ne fonctionne pas en 1894-1895. un dépilage a lieu en 1896 et un autre en 1897 avec 3 ouvriers ; les travaux sont à nouveau arrêtés le 5 décembre 1897.

 

La principale galerie, longue de 940 mètres, se situait 400 mètres à I'WNW de Chambeuil; en 1902, elle fournit 85 tonnes de lignite. La production  qui reprend de 1918 à 1934 est, en 1920, de 1.750 tonnes, les effectifs (au 31/12) de 21 personnes (Fond : 18), en 1921 de 525 t avec 6 personnes et en 1922 de 2.076 tonnes (yc schistes ligniteux) avec 7 ouvriers. Il y a deux sièges d'exploitation : Chambeuil et Fraysse Bas.

 

Un rapport du service des mines de 1923 note la présence de huit ouvriers qui exploitaient par galeries à flanc de coteau. Les utilisations étaient très locales : chauffage domestique et industrie de la chaux. Le schiste ligniteux est calciné à l’air libre puis broyé comme produit calorifuge. En 1929, la mine produit 110 tonnes de lignite seulement avec 9 ouvriers. La production consiste en schistes ligniteux utilisés pour la fabrication du kieselgur.  En 1931, la production est de 32 tonnes. En 1932, l’exploitation utilisait 4 personnes pour extraire 496 tonnes de schistes ligniteux et 36 tonnes de lignite. La mine ferme en 1934 ; en 1938, l’entrée des galeries est éboulée. Une tentative de reprise eu lieu en 1941 en vue de la création d’une usine de distillation. Une dernière reprise de l’exploitation eut lieu en 1944.

 

Extrait du rapport de l’Ingénieur des Mines pour 1944 : « dès le début du mois de juin 1944, la mine a perdu la quasi totalité de son personnel. Plus tard, au cours d’opération de police dans le région, les forces allemandes ont incendié le carreau et le matériel obligeant la mine à cesser toute activité. »

 

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