Saint-Eloy : l'historique

1°: les compagnies privées

 

 

MINES DE SAINT ELOY

 

Historique

 

Il semble que ce ne soit qu’à la fin du XVIIIème siècle que l’existence du charbon ait été reconnue à St Eloy mais il faudra attendre les années 1830 pour que les premières demandes en concessions soient formulées. Quelques exploitations eurent lieu avant : en 1827, à La Vernade et en 1835, à La Croix[1]. L'attribution du bassin fut l’enjeu de luttes sévères en particulier entre les frères Rambourg et les Thévenin père et fils. Les frères Rambourg possédaient déjà les forges de Commentry et de Tronçais.

 

Comme cela a été souvent le cas, le Conseil Général des Mines décida l’ de couper le gisement en deux et d’attribuer deux concessions distinctes accordées le même jour : la Vernade et La Roche.

 

- la concession de LA VERNADE est attribuée sur 154 ha par ordonnance royale du 27 décembre 1837 aux frères Paul, Louis et Charles Rambourg et leur mère Mme veuve Rambourg[2].

 

La concession est revendue successivement vers 1840 à M. Gaillard (marchand de bois), au marquis de Boissy puis à la Cie Arnoux et Cie, puis, en 1856, suite à une vente après liquidation en 1851 de la Cie Arnoux, à MM. Dehaynin, Palottre et Virloy qui forment une société civile sous le nom de “Société civile des houillères de La Vernade et La Chaux”. Elle est étendue à 179 ha par décret du 21 juillet 1879.

 

- la concession de LA ROCHE attribuée sur 198 ha par ordonnance royale du 27 décembre 1837 aux Thévenin père et fils. Elle est vendue en 1851 à MM Dehaynin, Palottre et Virloy qui forment la “société civile des houillères de La Roche”.

 

Le 26 août 1860 les deux sociétés civiles sont fusionnées sous le nom de “Compagnie des houillères et du Chemin de fer de Saint Eloy”. Ses propriétaires étant en effet concessionnaires depuis 1862 de la ligne de chemin de fer de Saint Eloy à Lapeyrouse (qui sera revendue en 1863 à la compagnie d’Orléans).

 

Cette société est liquidée en 1879. Les deux concessions sont adjugées le 24 avril 1881 par le tribunal civil de la Seine à la compagnie des forges de Châtillon-Commentry qui devient ensuite la société des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons.

 

MINES DE LA BOUBLE

 

 

 

La concession de la Roche se heurtait au sud à une importante faille (la faille Dehaynin) et ce n’est qu’à la fin du XIX ème siècle que des recherches sérieuses furent entreprises au sud de celle-ci. Dès le charbon découvert (en 1896) une demande en concession fut déposée par le syndicat de recherches. Cette demande se heurta naturellement à une forte contestation, notamment de la cie Châtillon-Commentry qui voyait ainsi se bloquer toute possibilité de  développement de son exploitation vers le sud. Néanmoins, une seule concession fut accordée dans cette zone,  La Bouble le 26 août 1898 sur 312 ha au profit du syndicat qui se transforma en “Société des mines de La Bouble” qui conservera cette concession jusqu’à la nationalisation.

 

Données financières

 

Les dividendes distribués en 1929 par la société se montent à 3.264.000 francs soit 16,36 F/t. Les bénéfices par tonnes en 1930 sont de 19,69 f/t et les dividendes de 26,40 f/t. En 1933, les dividendes sont de 2.466.000 francs (soit 13,25 f/t). En 1936 les dividendes sont de 2.616.000 francs et le bénéfice de 14,09 francs par tonne.

 

 

2° - Nationalisation

 

 

Les concessions de La Vernade et de La Roche appartenant à la société Châtillon-Commentry et les houillères de La Bouble sont nationalisées par la loi du 17 mai 1946 et son décret d’application du 28 juin 1946 créant les Houillères du Bassin d’Auvergne (HBA). Les HBA seront en 1968, intégrées dans les Houillères du Bassin Centre Midi (HBCM). Ce sont des établissements publics à caractère industriel et commercial du groupe Charbonnages de France (CDF). CDF sera dissout le 31 décembre 2007.

 

 

 



[1] Auclair - Histoire des houillères du Bourbonnais p. 99

[2] sur les Rambourg, voir à Commentry (Allier)

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