Houillères de Saint Eloy : l'exploitation jusqu'en 1946

Le domaine  minier est constitué de différentes parties : la "Section Nord" de l'exploitation forme une cuvette, la partie médiane est formée par un gros anticlinal entre deux anticlinaux : la cuvette Ste Barbe avec son relèvement Ouest et la cuvette St Joseph, cette partie du gîte forme les sections "Ste Barbe" et "Vieux Travaux Sud" et au Sud de la faille Dehaynin, le "quartier neuf"  prolongement du gisement de La Bouble. Ce quartier est constitué par un gros anticlinal dont l’exploitation a été commencée en 1928. Le gisement est faiblement grisouteux et poussiéreux. La teneur moyenne en cendre est de l’ordre de 30 à 35%. C’est un charbon dur, criblé de rognons de carbonate de fer.

 

Avant le rachat des deux concessions par de La Vernade et La Roche par Châtillon-Commentry en 1881, elles n’avaient fait l’objet que de travaux minimes et superficiels. Dès la fin des années 1840, les travaux sont arrêtés sur la concession de La Roche par suite de feux intenses qui atteindront ensuite la concession de La Vernade, si bien qu’en 1851 toute l'exploitation est arrêtée, pour reprendre ensuite sporadiquement.

  En 1881, l’exploitation se fait par les puits Ste Barbe (doté d’un criblage), du Manoir (140 m de profondeur) et le puits n°3 (70 m de profondeur) ainsi que la tranchée de Morny[1]. Le puits Nord est ensuite foncé tandis que le puits Ste Barbe est modernisé. Une usine d’agglomération est créée (qui atteindra 40 000t/an de capacité en 1890).

 

En  1886, seule la concession de La Vernade a été exploitée. On a abandonné la méthode des rabattages au profit de la méthode par tranches horizontales que l’on prend en 3 tranches simultanées ; les feux sont en diminution par application de la méthode par embouage.

 

La concession de La Roche qui était en inactivité depuis plusieurs années a été remise en activité en 1887 à l’étage 14 ter par le puits Ste Barbe.

 

On continue en 1889 et les années suivantes l’exploitation de l’étage 14 à La Vernade et à La Roche. Le puits du Manoir est approfondi de 140 à 200 m ; son guidage est en cours d’installation. Par ailleurs on creuse au niveau du 19ème étage un TB se dirigeant vers le bure du Manoir situé à 197 m du puits. Dans la région Nord on exécute un Tb au 14èmebis étage pour relier la nouvelle Couche avec celle de la Bèche.

 

 

 

 

Tonnage net (t)

Résultat d’expl. (f)

1885

116.665

 

1886

139.670

- 15.989

1888

143.448

39.879

1889

150.435

 

 

 

Dans les deux concessions, la sortie du charbon s’effectue par la recette du 15ème niveau (profondeur 139 m) du puits Ste Barbe. On entreprend les travaux pour la transformation du puits du Manoir, consacré jusqu’ici à l’épuisement, en puits d’extraction. L’épuisement sera reporté au puits N°3, restauré pour la circonstance.

 

La production de 1892 a été de 193.400 tonnes nettes dont 117.922 ont été livrées au commerce, 55.476 tonnes livrées aux usines de la société ou à l’usine d’agglomération. Le nombre d’ouvriers occupés est de 1.085 dont 826 au fond et 259 au jour. Les salaires moyens sont de 4,10 f/jour pour les piqueurs, 3,98 pour  les boiseurs, 2,50 à 3,50 pour les rouleurs et 2,50 pour les ouvriers jour.

 

Conditions générales d’exploitation en 1893

 

L’exploitation s’est effectuée pendant l’année 1893, la couche du toit et dans celle du Centre au niveau du 15ème étage dans les deux quartiers. Au nord chaque étage de 15 m de hauteur est divisé en deux sous étages de 7,50 m ; le sous étage supérieur est enlevé le premier en 3 tranches de 2,50 m exploitées simultanément de bas en haut. Au sud,  chaque sous étage n’a que deux tranches de 2,50 m exploitées simultanément. La raison qui fait adopter le système à 2 tranches est la traversée horizontale qui atteint parfois 180 m de charbon. Le remblayage est complet.

Jour

Les différents puits utilisés sont :

- puits Ste Barbe : diamètre 3,55 m, profondeur 141,50 m ; sert à l’extraction des deux quartiers ;

- puits du Manoir : diamètre 3,90 m, profondeur 200 m  épuisement, entrée d’air région sud ;

- puits n°3, diamètre 3 m, profondeur 156 m, en cours de réaménagement pour servir à l’épuisement et au mouvement des ouvriers ; ce puits qui s’était éboulé en 1876 a été réparé ;

 

- puits n°2 elliptique 3,50 x 2,50 m, profondeur 133 m, descente des remblais région sud et retour d’air de la région sud ;

- puits du Nord octogone diamètre inscrit 3,30 m, profondeur 160 m, retour d’air région nord et descente des remblais même région ;

 

Il n’a été décelé aucune trace de grisou. Le charbon est très dur et on utilise l’explosif pour l’abatage (grisounite Favier).

 

 

La production en 1893 a été 204.000 tonnes dont 120.300 livrées au commerce et le reste utilisées par la Compagnie et en 1894 217.870 tonnes. La production d’agglomérés a été de 34.283 tonnes. 

 

Conditions générales d’exploitation en 1894

L’exploitation se poursuit dans les mêmes conditions. Le massif de protection du puits Ste Barbe a été attaqué.

Le puits Ste Barbe, fermé fin décembre 1894 est en cours de remblayage ; le puits du Manoir est entièrement en service ainsi que le puits N°3.

Travaux neufs jour :

- installation d’une chambre chaude à l’intérieur ;

- installation d’une atelier de lavage et triage mécanique au puits du Manoir et mise en route en octobre (coût de l’investissement 650.00 francs ; constructeur Dinette à Chalon sur Saône).

- installation de l’éclairage électrique au moyen de deux  turbines à vapeur système Laval d’une force de 15 ch chacune. L’éclairage concerne les ateliers triage lavage, les salles des machine et puits, la forge, les bureaux et chambres chaudes.

 

La production s’élèvera progressivement à 267.000 tonnes en 1899 avec 1.200 personnes. Le puits St Joseph est foncé en 1897. A la limite sud de la concession de La Roche est foncé en 1906 le puits Sud (un accord est conclu avec La Bouble en 1914 pour coordonner les travaux de part et d’autre de la limite des deux concessions).

 

En 1908 l’exploitation se poursuit dans les Vieux Travaux entre les niveaux 17 et 45 m, au Relèvement de la Chaud au 18 étage inférieur, en section Ste Barbe au 17e Intermédiaire et dans les sections Sud au 16e inférieur et 17 e supérieur pour le pli est de la couche Centre et au 17e intermédiaire et inférieur pour la couche du mur. Le puits Sud, enfonçage, atteint 275 m et le puits St Joseph a été approfondi de 108 m.

 

 

Après la guerre 1914/18, le puits Saint-Joseph est modernisé et devient le puits principal de l’exploitation de St Eloy. Une station centrale de compresseurs et une centrale thermique sont mises en service jusqu’en 1926. Pendant l’Entre Deux Guerres, le niveau de production se stabilise autour des 180 à 200.000 tonnes par an.

 

Les travaux sont réalisés dans 4 quartiers : Les « Vieux travaux sud », l‘amas du puits Sud, la section Saint Barbe et la section Nord.

 

Quartier des Vieux Travaux Sud :

 

En 1929-1930, les travaux ont lieu au niveau 23[2] en couche du toit dans le petit anticlinal au mur de la faille ; la présence de vieux remblais rend l’exploitation difficile. Mais l’essentiel des travaux a lieu plus près de la surface. Vers la fin de l'année 1929, on a repris une ancienne galerie se dirigeant vers la région du Mathonier située au toit de la faille de Morny dans laquelle on envisage de déhouiller la sommet de l'anticlinal principal abandonné jusqu'ici par l'exploitation normale des vieux travaux sud.  En 1930, aux niveaux 23 et 28 m, deux traçages ont été commencés pour établir une liaison avec la découverte de la tranchée N°2 qui doit exploiter à ciel ouvert la partie sud du sommet de l’anticlinal.

 

 

Aux niveaux 57 m et 62 m, l'exploitation est terminée. Au niveau 70 m on dépile la branche de couche du Centre et les petits amas de couche du toit au contact de la faille de Morny (ce niveau sera terminé en 1930). L'amas principal et l'amas vierge ont été déhouillés respectivement au niveaux 80 et 75 m.

 

Au niveau 120, on a commencé, en 1929, la préparation de l'étage 90-120m. Une recette ancienne a été utilisée dans le puits n°5 et on a travaille le travers bancs d'accès, en 1930 on trace les voies de base et de tête ainsi qu’un plan incliné reliant des deux niveaux.

 

En 1935, dans l’amas Mathonier et les flottements du puits St Nicolas, le déhouillement du niveau de 38 m a été terminé et celui du niveau 43 m commencé ;

 

En 1936-37, dans les Vieux travaux Sud, dans l’amas du Mathonier et les flottements du puits St Nicolas, on termine le déhouillage du niveau 43 en 1936 et on reprend l’exploitation du niveau 35 en 1937

 

Quartier Amas du puits Sud :

 

En 1929-30, le déhouillement a commencé dans ce quartier en septembre 1928 aux niveaux 319, 314 et  309. On prépare fin 1929, les niveaux 304 (terminé en 1930) et 289.

 

A partir du niveau 289 m, a été commencé, dans le toit des couches, un plan incliné descendant qui doit aboutir au niveau 190 m pour l'exploitation de l'amas entre ces 2 niveaux.  Il est terminé en 1930.

 

En 1935, le niveau 275 a été entièrement déhouillé par la méthode unidescendante, méthode qui est également utilisée pour les niveaux 275,50-270 et 267,50.

 

1936-37, on termine en 1936, l’exploitation des niveaux 270, 272 ; en 1937 termine les niveaux 267, 265 et 262 ; le niveau 260 est en cours, on entreprend les niveaux 255 et 252.

 

Section Sainte-Barbe :

 

En 1929-30, les investisons (ou stots) du puits du Manoir de la cuvette Ste Barbe, ont été déhouillés entièrement à 4 niveaux : 15ème inférieur, 16ème supérieur (cote 354), 17ème supérieur (cote 337) et 17ème inférieur (cote 326) (ces trois deniers sont achevés en 1931). L'exploitation se poursuit dans les couches du toit dans les couches du Toit et du Centre. A partir du dernier de ces niveaux un bure a été foncé jusqu'au 21ème étage et pour l'enlèvement des investisons du puits du Manoir lorsque celui-ci aura disparu et à l'évacuation de l'exhaure de la cuvette Ste-Barbe vers la station du puits St-Joseph. L'exploitation se poursuit aux 20ème intermédiaire et au 20ème inférieur dans la cuvette Ste Barbe proprement dite. C'est à ce dernier niveau que se fait la majeure partie de l'extraction de cette section. L'exploitation est cependant gênée par d'importantes venues d'eau. En se rapprochant du fond de la cuvette, le charbon devient de plus en plus médiocres.

 

En 1930, au niveau cote d’altitude 184, on a terminé deux TB issus du puits St Joseph, l’un se dirigeant vers le fond de la cuvette Ste Barbe et l’autre vers l’amas du puits sud ; ces galeries bétonnées deviendront les voies de base de l’étage 184-289. Un nouvelle salle des pompes a été terminée au puits St Joseph à 184 en 1929

 

 

En 1935-37, les travaux portent sur des investisons du puits du Manoir et sur la Cuvette ;

 

Section Nord :

 

En 1929-30, cette section comprend les quartiers de Lachaud, la Biche et de la Billaude, ce dernier se prolongeant à l'ouest par les plis de Lachaud au toit de la faille de Morny.

 

Dans le quartier de Lachaud on déhouille au toit de la faille de Morny, le versant est de l’anticlinal n°1 de couche du toit au niveau 437 et l’anticlinal N°1 de couche du centre au niveau 427. Le quartier La Biche est dépilé entièrement du niveau 52,5 m au jour. Au dessous du niveau 52,5 m, on a commencé l'exploitation aux niveaux 432 m, 427 m et 422 m puis (en 1930) 417 m. Le quartier de la Billaude fournit la majeure partie de la production de la section nord. Il est exploité aux niveaux 432 (terminé en 1930), 427 et 422 m ; on commence le niveau 417 en 1930. Au niveau 427 une galerie a été tracée pour le retour d'air en direction de la branche est de l'anticlinal N°1 des plis Lachaud en couche du toit.

 

En 1931 (production brute de 200.700 tonnes avec 1.185 personnes en moyenne), en section Nord, l’exploitation a continué dans les plis de Lachaud, de la Billaude et de la Biche ; en section Ste Barbe on termine l’enlèvement de l’investison du puits du Manoir ; en Vieux Travaux Sud, on termine l’exploitation du sommet de l’anticlinal de Mathonien et on prépare un nouveau niveau enfin en amas du puits Sud les dépilages ont lieu entre 299 et 294 et on commence le niveau 289. Le puits du Manoir est remblayé en 1931.

 

En 1935, l’exploitation se poursuit dans les plis de la Billaude (niveaux 412 et 417) et de la Biche (niveaux 417 et 422) ; dans cette zone plusieurs galeries de liaison entre les puits Nord 1 et 2 ont été creusées.

 

1936-37, on travaille les plis de la Billaude (412 terminé en 1936, 406 terminé en 1937 et 401 en cours en 1937). En 1936, la production est de 186.300 tonnes avec une moyenne de 885 personnes et en 1937 de 122.000 tonnes avec 672 ouvriers fond et 259 au jour.

 

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