Basson de St Eloy : l'exploitation de 1946 à 1978

En 1946, les travaux, aussi bien sur St Eloy que sur La Bouble (les deux exploitations ne sont pas encore réunies) portent sur les étages suivants :

 

 

 

1946

 

 

Production

St Eloy

Vieux travaux 95-90 par puits 3

48.190

 

Puits Sud (214-219)

103.275

 

Section Nord

22.195

 

Ste Barbe (260, 265, 270)

40.340

La Bouble

Section A (141, 136, 131, 126)

101.540

 

Section B (128, 133)

11.210

 

Section D (238, 133, 228, 223)

77.950

 En 1947, la jonction des roulages jour et des réseaux d’air comprimé est achevée. La section Nord est fermée suite à l’épuisement du gisement. Le puits IV est en cours d’installation, il remplacera le puits Sud menacé d’affaissement

 En 1949, l'exploitation concerne essentiellement la section Sud de St Eloy et les sections A et D de La Bouble. La section C de La Bouble a été arrêtée fin 1949. La production de St Eloy est assurée par deux puits, le puits 3 (230 t nettes/j) qui assure l’extraction au Nord de la section des Vieux Travaux et la section Ste Barbe ; les réserves de cette zone sont en voie d’épuisement, et le puits St Joseph (440 t nettes/j) desservant la section sud (en 1949 niveau 204 de l’étage 184 puis en 1950 étage 124-184). Un nouveau puits, le 4 de St Eloy est en cours de fonçage ; il est destiné à remplacer le puits Sud menacé par des dégâts de surface ; c’est un puits de service qui réutilise, dans un premier temps la machine du puits Sud. A La Bouble, l’extraction est effectuée par un seul puits, le puits V de La Bouble (670 t nettes/j) en section D au nord (niveau 216 à l’étage 216-171) de la section A au sud (niveau 114 de l’étage 171-101) et un peu de la section C à l’extrême sud où des recherches sont effectuées).

 Le premier objectif après la nationalisation fut la concentration de l’exploitation sur le puits St Joseph. Ce puits servant d’entrée d’air et d’extraction (2000 t/j). il sera approfondi en 1950 à l’étage 124-184. La jonction entre les deux exploitations (600 m de galerie de liaison) est réalisée par un travers banc à l’étage 124. Un ensemble de convoyeurs à bande convergeant sur le puits St Joseph est réalisé. En 1950, 2700 m de convoyeurs à bande sont installés. Le puits St Joseph est équipé de skips de 4,5 t qui peuvent recevoir à leur partie inférieure une berline pour le matériel. (250 tonnes/heures)[1]. Le puits 5 de La Bouble et son lavoir sont arrêtés en 1950. Le puits Ste Barbe de St Eloy est fermé mi 1950. Le puits Est est consacré au retour d’air et au personnel pour la division St Eloy, le puits 5 à l’entrée d’air et puits de service de la division de La Bouble avec le puits 4 comme retour d’air (le puits 3 conservera une exploitation jusqu’en 1957). L'électrification de la section Sud de St Eloy est achevée en 1949.

 En 1950, l'exploitation se fait aux sections A, D et Sud qui exploitent aux niveaux 111, 213 et 198[2]. La section C de La Bouble a été arrêtée au 1er janvier 1950, la section Ste Barbe de St Eloy en septembre 1950. Au cours de l'année on a changé d'étage à la section Sud, le niveau d'extraction passant de 182 à 124. La section A doit également être fermée.

 Un grave accident affecte le bassin de St Eloy le 26 janvier 1950 :

 "Le 26 janvier 1950 vers 9h30 dans un traçage au niveau 192 du quartier Sud de St Eloy une forte venue d'eau se déclare au bas du parement gauche après un tir. Le chantier est évacué et visité 3 fois jusqu'à 11h30. On y décèle pas de grisou. Vers 12h10 un boutefeu procède a un tir dans un chantier à 198, aéré par aérage secondaire branché sur le retour d'air du niveau 192. Il déclenche une inflammation de grisou qui dégénère en explosion et se propage jusqu'aux traçages de 192 d'une part et sur une partie du retour d'air de 198 d'autre part causant la mort de 11 ouvriers. Un éboulement ouvre une communication entre 198 et le niveau 204 où de nombreux ouvriers sont occupés dans les tailles mécanisés. Les fumées riches en oxyde de carbone envahissent ce niveau occasionnant la mort par asphyxie de deux ouvriers et l'intoxication qu'une quarantaine d'autres. Lors des opérations de sauvetage on constate la présence d'un soufflard de grisou très important dans le traçage à 192 où s'était produite la venue d'eau dans la matinée. Ultérieurement on découvre sur de vieux plans que ces travaux étaient sur le point de rencontrer le toit d'une ancienne galerie."[3]

 En 1951, la production des deux sièges (La Bouble et St Eloy) a été concentrée sur un puits unique : St Joseph d’une capacité de 270 t/h et équipé d’un skip de 3,5 t.  Le lavoir de La Bouble est fermé au profit de celui de St Eloy modernisé avec une capacité de 180 t/h. L’exploitation concerne essentiellement les sections A, D et Sud aux niveaux 106, 198 et 192 ainsi que la section dite des vieux travaux. On a poursuivi l’aménagement d’une nouvelle section dite E et portant par moitié sur chacune des 2 sections D et Sud. La section Sud a été électrifiée et mécanisée. Le puits Est a été mis en service le 25 juin 1951 (machine d’extraction définitive mise en route le 5 décembre).

 A la Bouble, la mécanisation du fond a été poursuivie et les bennes ont été remplacées par des couloirs et ralentisseurs à disques. Les étages 124-184 de St Eloy et 48-101 de La Bouble ont été aménagés. Enfin la machine à vapeur du puits V (seul puits de service) a été remplacée par une machine électrique prélevée sur un autre puits.

 En 1952, l’exploitation se fait essentiellement dans les sections A, D et Sud qui exploitent respectivement les niveaux 95, 207 et 180 (cotes par rapport au niveau de la mer). On a amorcé la réduction d’activité de la section A, la plus profonde et dont les réserves sont réduites. On exploite encore au nord la section des Vieux Travaux et on poursuit l’aménagement d’une nouvelle section E

 En 1953, l’exploitation se fait essentiellement du sud au nord dans les sections D, E de La Bouble  (l’exploitation de cette dernière section a commencé en 1953) et en section Sud de St Eloy qui exploitent respectivement les niveaux 207, 191 et 1749 et la profondeur moyenne est de 300 m. Tout au nord la zone des vieux travaux Sud doit être exploitée encore 1 ou 2 ans exploite une région déjà dépilée par les anciens.

 L’exploitation est fermée officiellement le 31 décembre 1977 et définitivement le 15 janvier 1978. On ne comptait plus que 44 mineurs.

Méthodes d’exploitation

 Sauf en ce qui concerne la section Sud de St Eloy, le dépilage se fait, en 1949, par sous étages descendants de 2 tranches de 2,5 m prises en montant avec remblais complets. A la Bouble le dépilage par recoupe est le plus utilisé. Dans le quartier Sud de St Eloy on teste une nouvelle méthode par foudroyage. Cette méthode est progressivement étendue et va progressivement remplacer l’ancienne méthode d’exploitation. Corrélativement de nouveaux moyens de déblocage par chaînes à raclettes à moteur électrique et convoyeurs sont mis au point.  En 1951 la production est de 506.000 tonnes avec 2.200 ouvriers.

 En 1951, à St Eloy, on continue d'utiliser les mêmes méthodes d'exploitation. A La Bouble, le dépilage par recoupe reste le plus utilisé sauf dans un chantier de la section A où la régularité du gisement permet le passage d’une taille équipée avec chaîne à raclettes. L’exploitant a commencé en 1951 à procéder au foudroyage des 2èmes tranches sur les 1ères tranches remblayées. A La Bouble on a également procédé au foudroyage d’un dressant en tranches inclinées (méthode Vibert utilisée en couche ONO à Rochebelle dans le Gard).  Dans le quartier Sud de St Eloy on pratique le foudroyage (étendu depuis 1948 à toutes les tranches).

 En 1953, en section A et D, le gisement est découpé en sous étages de 5 m, dans les panneaux suffisamment importants pour permettre le passage d’une taille, on exploite avec remblayage hydraulique la tranche inférieure de chaque sous étage et on foudroie la tranche supérieure ; dans les apophyses on exploite par recoupes remblayées à la main successivement en tranche inférieure et en tranche supérieure.

 Dans la section des vieux travaux Sud on utilise la même méthode.

 En section Sud et E, l’exploitation s’effectue en  tranches unidescendantes foudroyées dont la description est la suivante : 

 Le gisement est découpé en sous étages de 5m pris en descendant.

 Première phase : creusement en tranche inférieure et au milieu du panneau d’une recoupe joignant le plan d’entrée d’air au plan de retour d’air ; Deuxième phase : creusement en tranches inférieures de 4 traçages situés le plus près possible des épontes; Troisième phase : ouverture en banquette des tailles en tranches supérieures ; Quatrième phase : démarrage de la taille en tranche supérieure en rabattant vers la recoupe centrale.

 La liaison entre taille en tranche supérieure et traçage en tranche inférieure est réalisée par un « pont » (élément de boisage spécial particulièrement renforcé) ;

 Lorsque le taille en tranche supérieure a avancé de 10 à 15m, on ouvre la taille en tranche inférieure qui démarre à son tour :

 L’abattage se fait essentiellement à l’explosif. L’évacuation est réalisée au moyen de convoyeurs à raclettes en taille ou de convoyeurs à bandes en galerie. Le soutènement comporte des cadres en ce qui concerne le soutènement primaire, des piles de bois en ce qui concerne la ligne de cassure. En fin d’année 1953, on introduit des étançons. L’abattage par la présence de rognons très durs pose, cependant de nombreux problèmes.

 Au cours de l’année 1954, le morcellement des sections A et D s’est accentué ; dans les panneaux des sections Sud et E sont apparus des nerfs stériles rendant impossible le passage d’une longue taille dépilant sur tout la largeur du panneau. On fit alors des essais d’une nouvelle méthode en 1954 dans les sections Sud et E : le principe s’inspire de la méthode qui vient d’être exposée : recoupes centrale en tranche inférieure au milieu du panneau puis à partir de cette recoupe, traçage dans l’axe du panneau (un seul traçage de chaque côté de la recoupe centrale) puis ouverture de tailles à partir de cette recoupe.

 L’exploitation est modernisée progressivement. Un nouvel étage à la côte 48 est mis en exploitation à partir de 1960 avec un grand travers-banc rectiligne équipé de convoyeurs à bande ; un plan incliné équipé d’un convoyeur à bande, relie cet étage à la recette 124 maintenue du puits St Joseph. Chaque quartier est desservi par un bure muni d’un descendeur hélicoïdal jusqu’à la côte 48 servant également de tampon entre les chantiers et la sortie. Puis, enfin, à la fin des années 60 un étage à la côte 0 fut mis en exploitation toujours équipé de convoyeurs à bande convergeant sur la recette 124 de St Eloy par le même système.

 

 En 1968 la situation des puits est la suivante :

 

 

 

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Diamètre

Recette pale

KW

 

St Eloy

St Joseph

5

375 m

537

Extraction

 

Puits Est

4

 

320

Matériel, pers.

La Bouble

Puits 5

5

 

470

M +P

 

Puits 4

4,5

 

158

M +P

 

Puits 2

3

 

 

 

 

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