Concession de Marsange : l'exploitation

Le faisceau houiller exploité par la mine de Marsanges, intercalé dans des grès et des schistes,  comprend deux couches séparées par un entre-deux de 40 m. La couche supérieur, couche n°1, est très pure (10 à 12 % de cendres) et d’une épaisseur moyenne de 2 m ; c’est elle qui a été d’abord exploitée.  La couche inférieure, n°2, est plus cendreuse et d’une épaisseur moyenne de 1,70 m.

 

Le champ d’exploitation est divisé en deux cuvettes par une faille ou soulèvement à peu près nord-sud sur lequel se trouve le principal puits d’extraction (puits n°2). Cet accident délimite ainsi une champ nord et un champ sud ; le champ nord étant lui même très tourmentés.

 

La concession de houille de Marsanges porte sur la région sud du bassin de Langeac. La concession a été exploitée dès son institution mais d’abord de façon peu active faute de débouchés et d’absence de moyens de transport ; elle ne dépassa guère 3.000 tonnes par an.

 

La mine ne se développa réellement qu’avec la mise en service en 1876 de la ligne de chemin de fer Paris-Nîmes. La production atteint 14.000 tonnes en 1877 puis croît régulièrement jusqu’à 36.000 tonnes en 1898 puis se maintien aux environs de 30.000 tonnes par an jusqu’en 1912. Elle diminue ensuite pour atteindre 19.000 tonnes en 1919 et en 1921, 13.949 tonnes avec 205 personnes.

 

Production (tonnes)

 

 

 

Marsanges

(tonnes

 

Marsanges

(tonnes)

1857

2.430

1865

5.054

1858

2.676

1866

2.422

1859

2.732

1867

5.920

1860

3.291

1868

7.263

1861

3.607

1869

1.717

1862

4.110

1870

5.157

1863

5.428

1871

9.289

1864

6.150

1872

7.988

 

 

·          Exploitation par Terrenoire, La Voulte et Bessèges

 

 

En 1886, les travaux sont localisés dans la partie sud, versant est, de la couche n°1 depuis le niveau 57 mètres de profondeur jusqu’aux affleurements. Les galeries principales se dirigent vers le sud au travers d’anciens travaux. Dans les parties vierges, la couche exploitable n’a que 80 cm d’épaisseur. On a rouvert l’ancien puits Magan (section de 3 m, profondeur de 15 m) pour servir à la circulation du personnel et à l’aérage. Un autre puits, le puits Denis situé à l’extrémité sud de la concession et abandonné depuis longtemps a également été repris pour effectuer de recherches (7 m).  Le charbon nécessite un triage important. Les menus, convertis en briquettes, représentent 35 % du tonnage et trouvent difficilement acquéreurs. L’usine de Chambaret produit environ 300 tonnes par mois.

A partir de 1887, les travaux se reportent à l’ouest, à proximité du puits n°2, toujours en couche n°1 entre les niveaux 57 et 72 m. Comme les années précédentes, l’extraction se fait par la fendue, mais le puits N° 2 est transformé en puits d’extraction avec cages guidées en 1888. Les bureaux de la mine qui se trouvaient à Langeac ont été transférés à Chambaret près  des ateliers de triage et lavage.

 

Les dépilages se font par tailles chassantes avec remblais complets.  Mais le niveau inférieur (72 m) ne communique pas avec le puits d’extraction n°2 et l’on est obligé de remonter les charbons au niveau 57 de ce puits, niveau du roulage général. ; cette remontée se fait par une galerie en pente au moyen d’un cheval, d’un câble et d’une poulie : le cheval descend d’un côté tandis que la benne remonte de l’autre, puis le cheval remonte seul au niveau supérieur, les bennes vides étant descendues à la main. Il n’y a aucune sécurité, mais il n’y a jamais eu d’accident. Pour supprimer  ce roulage onéreux, on creuse un TB partant du puits 2 à la profondeur de 72 m. L’épuisement (480 m3/jour) se fait par le puits n°2, la nuit à l’aide d’une benne de 20 hl. En ce qui concerne l’aérage, l’air entre par le puits n°2 et sort par la fendue du nord et le puits Magan. Il n’y a pas de grisou.  En décembre 1887, on compte 110 ouvriers (70 au fond, 10 au jour à Marsanges et 30 à Chambaret). En 1889, la recette à 72 du puits 2 est ouverte pour l’extraction du charbon, mais l’exploitation se poursuit alors en aval de ce niveau en « vallée » et le même dispositif est utilisé pour remonter le combustible au niveau 72. On extrait 96 bennes par jour, soit environ 44 tonnes. Fin 1889, l’effectif tombe à 38 personnes dont 32 au fond et 6 au jour (non compris l’agglomération).

 

·          Exploitation par M. Laprunière

 

En 1890[1], après l’acquisition par M. Laprunière[2], l’exploitation porte sur les couches 1 (deux bancs) et 2 entre les niveaux 57 et 72 m de profondeur. Dans la couche 1, banc supérieur (ou du toit), les chantiers sont situés au sud du puits ; on procède par tailles de 8 m de largeur, montantes ou chassantes, avec 3 piqueurs par taille. Le couche a 2 mètres d’épaisseur et est de qualité médiocre. Le banc inférieur de la couche 1 (ou du mur) n’a que un mètre d’épaisseur ; un chantier occupe 4 piqueurs. Dans la couche 2, qui a 1,20 mètres d’épaisseur on procède également par tailles chassantes ou montantes. L’extraction est de 80 tonnes de tout-venant par jour, soit 40 tonnes de produits marchands. Les menus sont vendus à l’usine sidérurgique de Tamaris (Gard), le reste est vendu dans la région de Clermont-Ferrand.

 

Des recherches sont entamées dans la partie est de la concession, sans suite. La mine emploie alors 110 personnes dont 75 au fond.

 

En 1891, on prépare un nouvel étage à 88 m. Afin de permettre la réorganisation complète des chantiers, les travaux sont totalement suspendus pendant 3 mois, du 19 juin au 14 septembre 1892. IL s’agit notamment du creusement d’un montage qui doit déboucher au jour afin d’améliorer l’aérage ; cet orifice devant également servir pour la descente des remblais et la passage des ouvriers. Les travaux du banc supérieur de la couche 1 sont dorénavant situés de part et d’autre de la fendue de la gare par laquelle s’effectue l’extraction. La mine emploie 110 personnes dont 75 au fond et 35 au jour. Les ateliers de criblage et de lavage ont été entièrement réorganisés. Les ateliers sont reliés à la mine par une voie ferrée de 7 km de long et de 0,60 m d’écartement. Une nouvelle locomotive a été achetée. Le transport s’effectue au moyen de truck portant chacun 6 wagonnets de mine ; un wagon spécial recouvert, sert au transport des hommes.

 

L’année 1893 est marquée par un accident mortel à la mine : un rouleur a été écrasé par une benne qu’il voulait retenir dans un plan incliné.  Les effectifs fond sont de 79 (27 piqueurs, 12 mineurs aux avancements, 11 rouleurs, 12 boiseurs, 17 remblayeurs et divers).

 

Années

tonnage

Résultats (francs)

Rendement piqueurs (kg/h/j)

Rendement fond (kg/h/j)

1885

17.616

- 9.142

 

 

1886

10.859

- 54.700

 

 

1887

8.712

- 34.565

 

 

1888

9.785

 

 

 

1889

8.218

 

 

 

1890

12.397

 

 

 

1891

14.046

 

 

 

1892

10.711

 

2.370

673

1893

20.037

 

1.741

709

1894

21.154

 

2.294

751

1895

18212

 

2.240

976

 

En 1893, les boiseurs, rouleurs et remblayeurs sont payés à la journée respectivement 3,50 f, 3 f et 2,55 francs. Les piqueurs et les mineurs travaillent à prix fait. Les piqueurs reçoivent 0,50 franc par benne de menus, 1 franc par benne de gros (la benne contient 600 kg de charbon brut) ; le boisage est effectué par eux sans rétribution spéciale. Le salaire moyen de la journée d’un piqueur est de 4,50 francs.  Les mineurs sont payés au mètre d’avancement 6 à 10 francs plus l’allocation par benne allouée aux piqueurs ; leur salaire moyen par jour est de 5,50 francs.

 

En 1894, on travaille en aval de 88 m. La couche dont l’épaisseur varie de 2 à 3 m est très sinueuse. L’exploitation est localisée dans la partie nord de la cuvette de Marsanges. Les effectifs sont de 120 personnes dont 70 au fond, 6 au jour et 44 à Chambaret. Huit enfants de 13 à 18 ans sont employés pour le triage des charbons.  En 1895, les chantiers sont situés au niveau 88 m (4 chantiers) et 108 m (2 chantiers d’abatage et un chantier d’avancement).  Le roulage du charbon se fait à la fois côté ouest et côté est du champ d’exploitation. Les effectifs sont de 72 au fond et 54 au jour (yc Chambaret) dont 11 garçons.  La production journalière est de 180 bennes de 500 kg soit 63 tonnes de produits marchands.  Le grisou fait quelques apparitions en certains endroits.

 

En 1897, on utilise toujours  que la recette 88 pour la sortie des charbons ; à ce niveau la galerie principale de roulage suit la couche n°2. Au 27 juillet 1897, la mine employait 101 personnes au fond dont 42 piqueurs, 11 boiseurs et 26 rouleurs et 20 au jour. En 1900 on met en service pour la première fois un  treuil électrique sur le plan incliné de la Farrère. L’exploitation se fait entre les cotes 522 et 560 sur le pendage ouest. Le nombre d’ouvriers au fond  est de 102 ; les salaire des piqueurs sont de 4 à 4,25 francs par jour et ceux des rouleurs à 3,50.

 

En 1908 l’exploitation a porté sur la couche n°1, en banc du toit à l’étage (cote d’altitude) 576 et 591, banc du mur à l’étage 585-640 ; la couche n°2 a été déhouillée à l’étage 460-480.

 

·          Exploitation par la société minière et métallurgique du Périgord

 

La mine devait être fermée lorsque la société minière et métallurgique du Périgord entrepris en 1920 d’ouvrir un nouveau champ d’exploitation d’abord au sud de la faille puis dans la partie nord de la concession contiguë à celle de Chadernac. Le champ d’exploitation portait sur la partie sud de la concession mais était limité au sud par une faille qui n’a pas été explorée avant 1921. Dans la partie exploitée le gisement comprenait un faisceau de 3 couches dont deux exploitables, formant une cuvette. Au-delà de la faille, traversée en 1921, les couches sont amincies, cendreuses et plus disloquées qu’au nord.

 

 

 

production

1919

19.000 t

1920

14.244 t

1921

13.949 t

1922

16.293 t

1923

10.513 t

1924

10.895 t

1925

825 t

 

Tout le gisement sud à l’aval de la cote 650 a été exploité par la SMM du Périgord dans les deux couches (450 m en direction et 60 m selon la pente). Elle a également continué les recherches jusqu’à 75m de profondeur dans la partie nord et reconnu 3 couches dont une

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