concession de Bouxhors (Les Barthes, les Airs et le Feu)

Concession des Barthes, des Airs et du Feu (Mine de Bouxhors).

Le gisement de Bouxhors est situé à 500 m à l’Ouest de celui de la Taupe ; il forme un synclinal dont la pointe serait tournée vers le Nord. La branche Ouest est caractérisée par une plateure, tandis que la branche Est est en dressant à 60°.  Le gisement est constitué de 11 couches numérotées de 1 à 11 plus une couche au toit de la couche 1 nommée 1ère  0.

En 1886, l’exploitation porte sur un nouvelle étage entre les niveaux 270 et 310 m[1] dans la région du puits Neuf. Dans les étages précédemment exploités on utilisait la méthode des tranches horizontales successives depuis le niveau inférieur jusqu’au niveau supérieur distant en général de 40 m ; cette méthode donna de mauvaises résultats car générant des feux ce qui entraînait souvent l’arrêt prématuré des travaux. Le nouvel étage est divisé en 4 sous-étages de 10 m pris en descendant, chaque sous étage étant pris par tranches horizontales de bas en haut par rabattage. 5 couches sont exploitées (numérotées de 1 à 3, 3bis et 4). On exploite d’abord le 1ère couche puis la seconde en retard d’une tranche puis les autres. Des cheminées relient les travaux au niveau 280 puis au niveau 310 qui est le niveau de roulage en communication avec le puits Neuf. L’épuisement se fait la nuit par les puits Neuf et de Morny. L’air entre par le puits Neuf jusqu’au niveau 310 et sort par le  puits de Morny sur lequel est installé un ventilateur Farcot.

 L’exploitation est déficitaire. En septembre 1886 la mine emploie 138 ouvriers au fond dont 55 piqueurs, et 62 ouvriers au jour. Les piqueurs sont payés 4,88 francs par jour, les rouleurs 3,28, les boiseurs 4,15 et les ouvriers jour 3,10 francs. La production est d’environ 2500 tonnes par mois.

 Situation en 1887 :l’exploitation porte sur l’étage supérieur de Baudin (3e étage de Dorlhac). Il comprend plusieurs couches réparties en deux faisceaux : La Pénide (partie inférieure) et Bouxhord (partie supérieure).

 Le faisceau de La Pénide n’a pas encore été exploré. Le faisceau de Bouxhors comprend 11 couches de 0,80 m à 2,50 m formant deux branches dans lesquelles se sont développées les exploitations. Ces travaux sont desservis par deux puits distants de 600 m , le puits Neuf et le puits de Morny.

 L’exploitation se poursuit au même étage et dans les mêmes conditions en 1887 et 1888. En décembre 1888, la mine emploie 146 ouvriers dont 106 au fond et 40 au jour.

 Les travaux de la mine de Bouxhors sont abandonnés le 22 juin 1889 par la société de Brassac. Ils sont repris le 15 janvier 1891 par le nouveau propriétaire, Commentry-Fourchambault. Cette compagnie s’est employée d’abord de janvier à novembre 1891 à remettre en état le puits Neuf rebaptisé puits N°1[2].

 Situation en 1892 : le fonçage du puits n°2, commencé le 4 janvier 1892 à 40 m à l’ouest du puits n°1,  a été suspendu le 1er juin à la profondeur de 43 m. Il est circulaire au diamètre de 3,90 m.  L’assèchement du puits N°1 est achevé. Les galeries des niveaux 270 et 310 m sont en cours de réfection ; enfin, on répare la colonne du puits Morny et on reprend dans ce puits l’avancement de la galerie 270 qui doit rejoindre le puits n°1. Chaque puits a été muni d’un ventilateur aspirant système Galland ou système Farcot. Ces travaux de réaménagement emploient 50 hommes à l’intérieur et 20 au jour sans compter un quarantaine d’ouvriers occupés à l’aménagement des bâtiments annexes et 20 personnel « d’état-major », bureaux, surveillance et direction..

 La communication entre les puits de Morny et N°1 est achevée en 1893, les exploitants ont commencé les travaux préparatoires dans la région de Montlaye au niveau 270 par les branche ouest du puits Morny et est du puits n°1. Au puits N1 on fait un traçage au niveau 50, mais l’essentiel des travaux se fait aux niveaux 270 et 310 et au niveau 270 au puits Morny. En mai 1893 les effectifs sont de 76 ouvriers au fond dont 31 piqueurs et 51 au jour pour une production journalière de 20 tonnes. Les piqueurs gagnent 4,50 à 4,80 f par jour. Quinze enfants sont employés au triage des charbons au jour. La mine n’est pas grisouteuse.

 En 1894, l’exploitation principale porte toujours sur le quartier Montlaye entre 270 et 310. L’étage est divisé en sous étages de 10 m reliés par des bures. Un nouveau quartier dit de l’Ancienne Rue est en préparation (traçages aux niveaux 280 et 290). La production journalière est de 250 bennes de 350 kg de charbon utilisable soit 87 tonnes (440 kg en brut) ; ce sont des bennes en bois de chêne rectangulaires de 5 hl qui pèsent à vide 250 kg. Les effectifs sont de 180 hommes dont 114 au fond et une vingtaine d’enfants au jour.

 Le quartier de Montlaye est en voie d’épuisement en 1895 ; le quartier de l’ancienne rue est encours et on prépare déjà un 3ème quartier dit de la nouvelle Rue qui en relation avec le niveau 270 du puits de Morny. La production journalière est de 120 tonnes avec en mai un effectif de 196 ouvriers dont 75 piqueurs.

 En 1896, les travaux se poursuivent dans ces 3 quartiers entre 270 et 310 m ; le quartier de Montlaye est terminé en septembre 1896 ; le quartier de l’Ancienne rue plus au sud est en pleine exploitation et celui de la nouvelle rue en préparation. La descente des ouvriers se fait par les puits d’extraction dans des cages guidées A la mine de Bouxhors la charge du toit est très important d’où un boisage important et un remblayage méticuleux.

 En 1897, on prépare un nouvel étage à 360 (quartiers des Barthes dans la branche ouest et Taupe dans la branche est) ; pour cela on fonce un bure dans la région de Montlaye d’où partira une galerie vers le puits de Bouxhors qui devra être approfondi. En octobre 1897, la mine de Bouxhors emploie 181 ouvriers au fond, 71 au jour et 23 employés ou aides.

 Le charbon est envoyé à un atelier de préparation mécanique où le gros (supérieur à 50 mm) est séparé à la main et le reste est lavé.

 En 1899 on continue l’aménagement du quartier des Barthes desservi par un TB à 350. La méthode d’exploitation de ce quartier sera la même que les autres quartiers : étage de 40 m divisé en 4 sous étages de 10 mètres : chaque sous étage est enlevé par tranches montantes de 2 m remblayées au fur et à mesure :il y a en général 8 hommes par chantier. La poussée du toit demande un boisage important. L’épuisement se fait la nuit à  l’aide de la machine d’extraction et de bâches. Les feux sont beaucoup moins importants qu’autrefois. Le puits est en cours d’approfondissement sous stot de 310 à 360 m.Le quartier Taupe est le plus important ; il fournit la moitié de la production de la mine. En mars 1900, le quartier Taupe fournit 2.239 tonnes, Les Barthes 427 tonnes, Ancienne Rue 359 tonnes et Nouvelle Rue 64 tonnes.

 En 1908, on poursuit l’avancement de deux galeries venant de la concession de la Taupe.

 Les couches exploitées en 1932 sont les suivantes (seule la branche Est en dressant est exploitée) :

 -                  1ère de 2,80 en 2 bancs séparés par un nerf de 0,60, exploités séparément par tailles chassantes avec gradins renversés ;

-                  2ème  puissance de 1,20 m exploitée comme la précédente ;

-                  3ème ° : qui comprend deux bancs de 3 m chacun séparés par à 5m de stériles ; les deux bancs sont exploités par tranches horizontales prises en montant avec rabattage dans le banc du toit ;

-                  5ème  de puissance variable avec des passées schisteuses ;

-                  11ème de 1,40 exploitée par tailles chassantes avec gradins renversés.

 Production (quartiers des Barthes et de La Taupe) 1923 : 84.670 tonnes , 1924 : 79.048, 1925 : 72.031 t, on exploite les 2, 3 et 4ème couches entre 270 et 410 m.

 En 1932, dans le quartier de Bouxhors les travaux d’exploitation se sont échelonnés entre 258 et 410 :

 -                  niveau 258-270 (dépilages en 11ème couche) ;

-                   niveau 323-336 (dépilages en 1ère  couche ) ;

-                  niveau 323 (dépilages en 1ère couche quartier la Taupe) ;

-                  niveau 323 et 342 (dépilages en 3ème  couche au quartier Taupe) ;

-                  niveau 360 (dépilages en 3ème couche ).

 Tous les produits sont remontés au jour par le puits de La Taupe. Les travaux de recherches et de préparation ont porté sur le niveau 180 à partir du TB reliant les puits 1-2 de la Taupe au puits de l’Ouest où un Tb a été amorcé vers Bouxhors.

 L’aérage des deux quartiers Bouxhors et La Taupe est indépendant et utilise deux ventilateurs différents, l’entré d’air est commune.

 



[1]  Cote par rapport à l’orifice du puits Neuf

[2] Mais on continuera à parler du « puits Neuf » en 1899

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